Commission de régulation de l'énergie

Lettre d'information, novembre 2011

Commission de régulation de l'énergie

Le Bulletin bimensuel n°12 : La CRE et le développement de la filière du biométhane

Le plan de soutien à la filière produisant du biométhane, annoncé par le Gouvernement le 18 octobre 2011 et détaillé notamment dans l’arrêté du 23 novembre 2011, a repris les tarifs préconisés par la CRE. Saisie cet été, la CRE avait en effet demandé dans sa délibération du 26 juillet 2011 de relever certains tarifs d’achat initialement envisagés pour le biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel. Dans une logique économique, la CRE souhaite en effet que les tarifs ne désincitent pas au développement des installations de taille moyenne (i.e., entre 150 m3/h et 350 m3/h) qui bénéficient d’économies d’échelle et sont donc plus efficaces que les petits projets. La structure actuelle des tarifs d’achat du biométhane devrait permettre l’essor en France d’une filière qui est aujourd’hui beaucoup plus développée en Allemagne.

Contexte technique et institutionnel

Le biogaz est du gaz issu de la fermentation de matières organiques et en particulier des déchets ménagers. Le biométhane résulte d’une épuration et d’une transformation du biogaz lui permettant d’être injecté dans les réseaux de gaz naturel, notamment dans les réseaux de distribution.

Le biométhane présente deux spécificités technico-économiques. Il constitue actuellement :

  • la seule source de production renouvelable de gaz.
  • la seule source de production décentralisée de gaz : la production de biométhane se traduit par des injections directes dans les réseaux de distribution, qui ne proviennent pas du réseau de transport de gaz.

Le biométhane injecté sur les réseaux de distribution de gaz peut être valorisé sous la forme de carburants pour les voitures au gaz, ou comme combustible pour la production d’électricité, ou comme source d’énergie directement consommée par les ménages et les PME.

Les liens contractuels entre le distributeur de gaz, GrDF ou une Entreprise Locale de Distribution, et le producteur de biométhane prennent la forme d’un contrat de raccordement et d’un contrat d’injection. Le contrat d’injection décrit les conditions de mise à disposition d’une installation d’injection (contre redevance) et de facturation des contrôles de qualité du biométhane et ainsi que de certaines prestations liées à l’accès au réseau.

La production de biométhane est sensiblement plus développée en Allemagne qu’en France. Au 31 décembre 2010, 44 installations avaient injecté 270 millions de mètres cube de biométhane dans le réseau de distribution de gaz naturel en Allemagne, alors que l’injection n’avait toujours pas débuté en France.

La première installation à injecter du biométhane dans le réseau de distribution de gaz naturel en France (et la seule à ce jour) est le Centre de Valorisation Organique de Séquedin de Lille Métropole, qui a débuté l’injection le 17 juin 2011. Mise en service en 2007, le biogaz avait été d’abord utilisé pour le chauffage des locaux et des digesteurs, et l’alimentation de bus et véhicules de collecte, mais la totalité de la production est maintenant vendue à un fournisseur et injectée dans le réseau.

Le code de l’énergie prévoit un système d’obligations d’achat et de garanties d’origine pour l’injection de biométhane dans les réseaux (cf. articles L.446-1 à L.446-4). Le gouvernement, par communiqué de presse du 24 février 2011, avait annoncé pour l’été 2011 la fixation du tarif d’achat du biométhane.

Saisie sur le projet d’arrêté fixant ce tarif, la Commission de Régulation de l’Energie a évalué les taux de rentabilité des investissements dans la production de biométhane au vu des tarifs envisagés par le gouvernement. Ce critère permet de vérifier si les tarifs correspondent à une rémunération normale des capitaux investis ou sont trop élevés (comme jusqu’à récemment dans la filière photovoltaïque).

Tendances récentes

Dans sa délibération du 26 juillet 2011 sur les conditions d’achat du biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel, la CRE a demandé à ce que les tarifs d’achat du biométhane pour les installations de taille moyenne (caractérisées par une capacité de production comprise entre 150 m3/h et 350 m3/h) soient relevés par rapport au premier projet que lui avait soumis le gouvernement.

En effet, les installations de taille plus importante tirent naturellement profit d’économies d’échelle importantes. Dans ce contexte, le mécanisme d’obligation d’achat ne doit pas brider le développement des installations de plus grande taille qui sont plus efficaces du point de vue économique que des petits projets. Pour ces derniers, la mise en commun d’un digesteur de méthanisation entre plusieurs petits sites de production en milieu rural permet de tirer profit des effets d’échelle.

La CRE a ainsi demandé de relever les tarifs d’achat du biométhane de 6,17c€/kWh comme proposé initialement par le gouvernement à 6,80c€/kWh dans le cas des installations de 250 m3/h et de 4,50c€/kWh à 6,40c€/kWh pour les installations d’une capacité de 350 m3/h.

L’arrêté du 23 novembre 2011 à la filière biométhane a repris ces tarifs corrigés à la hausse par la CRE.

Pour consulter les Bulletins précédents, cliquez ici.

www.cre.fr

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