Réseaux de gaz intelligents

Contexte

Les réseaux de gaz naturel doivent s’adapter à l’évolution du paysage énergétique. Ils doivent en particulier tenir compte des nouveaux usages. Ils acheminent déjà du biométhane, un « gaz vert » produit à partir des déchets grâce à la méthanisation (la première injection de biométhane dans le réseau de distribution de gaz naturel a été réalisée en juin 2011, à Lille). Demain, ils véhiculeront et stockeront de l’énergie renouvelable produite à partir d’électricité (hydrogène) ou de gaz (production de gaz synthétique).

En outre, de nouvelles technologies voient le jour. La production décentralisée d’énergie dans les bâtiments se développe avec la micro-cogénération, mais aussi les pompes à chaleur au gaz naturel ou les pompes à chaleur hybride (par exemple, une chaudière à condensation associée une pompe à chaleur électrique). Les villes adoptent des modes de mobilité durable avec le gaz naturel pour véhicule (GNV) et le biométhane carburant. Ces transformations nécessitent un changement de paradigme au niveau des infrastructures gazières. La multiplication de points d’injection de gaz rend impose d’assurer l’équilibre entre les variations de consommation de gaz et la production décentralisée. Le réseau sera progressivement équipé d’outils de pilotage et de surveillance de la qualité du gaz et de l’état du réseau plus élaborés qui permettront d’optimiser et de maximiser l’intégration, notamment de gaz verts, dans les réseaux. De même, la production d’électricité à partir de gaz (centrales à cycle combiné gaz et turbines à combustion) requiert un pilotage des réseaux de transport de gaz à une maille horaire au lieu de journalière, et l’injection de biométhane dans les réseaux de distribution suppose la disponibilité d’une zone de consommation à proximité pour absorber ce gaz.

Toutefois, les réseaux de gaz naturel disposent d’atouts permettant de gérer au mieux cette intégration. En effet, ils sont dimensionnés pour assurer une consommation de pointe en cas de températures très basses pendant plusieurs jours, telles qu’il s’en produit tous les 50 ans (« risque 2 % »). En outre, la gestion en temps réel de l’équilibre offre/demande est un enjeu moins crucial en gaz qu’en électricité en raison de la capacité inhérente des réseaux de gaz à stocker de l’énergie.

Enfin, le déploiement sur les réseaux de gaz naturel des technologies de l’information et de la communication améliorera l’efficacité de ces réseaux et rendra les consommateurs plus conscients de leur utilisation de l’énergie. Les nouvelles infrastructures comprendront des fonctionnalités de modélisation dynamique des réseaux et des systèmes d’information géographiques, permettant de cartographier, mesurer et surveiller les réseaux. À ce titre, le compteur évolué Gazpar est l’une des briques des Smart gas grids.

Définition

Pour être « smart », un réseau de gaz naturel doit être équipé en technologies de l’information et de la communication. Il doit aussi être doté de cinq grandes fonctionnalités :

  • il accepte l’injection de gaz renouvelable, dont le biométhane ;
  • il est télé-pilotable afin d’améliorer l’exploitation et la sécurité, et d’offrir un meilleur équilibre entre offre et la demande ;
  • il intègre les compteurs de gaz communicants qui fourniront aux gestionnaires de réseaux les informations nécessaires à une meilleure exploitation des réseaux, et aux collectivités et aux consommateurs finals une information plus fréquente sur leur consommation afin d’en permettre une meilleure maîtrise ;
  • il permet le développement des nouveaux usages du gaz (pompes à chaleur gaz, micro-cogénérations, chaudières hybrides) ;
  • il accroît la flexibilité du système énergétique en devenant un lieu de stockage de l’électricité renouvelable (technologie appelée « power to gas » qui consiste à utiliser l’électricité excédentaire pour produire de l’hydrogène par électrolyse, ou du gaz par méthanation, et à les injecter dans les réseaux de gaz naturel).

Un forum organisé par la CRE dédié aux Smart gas grids s’est tenu le 19 février 2013, sur le thème «  des Smart gas grids aux Smart networks : l’optimisation des réseaux énergétiques ».

Consulter notre site  www.smartgrids-cre.fr

Les feuilles de route des gestionnaires de réseaux de gaz naturel

Dans sa délibération du 25 février 2015, la CRE a demandé aux gestionnaires des réseaux de gaz naturel desservant plus de 100 000 clients de présenter une feuille de route du développement des réseaux de gaz naturel intelligents. La prochaine mise à jour, prenant en compte les recommandations énoncées dans la délibération du 8 décembre 2016, est attendue pour le 1er juin 2017. Ces feuilles de route sont présentées ci-dessous.

Gestionnaires de réseau

Feuille de route notifiée à la CRE

GRTgaz

En attente

TIGF

Transmise le 7 décembre 2015

GRDF

Transmise le 2 décembre 2015

Régaz Bordeaux

Transmise le 22 février 2016

Réseau GDS

Transmise le 26 février 2016

Dans sa délibération du 25 février 2015, la CRE a demandé à chaque gestionnaire de réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel desservant plus de 100 000 clients, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés :

  • de préciser les optimisations du système énergétique local que pourraient apporter une plus grande coordination entre les différents réseaux d’énergies et une mutualisation de certains équipements ;
  • d’identifier les impacts d’une interaction forte entre les différents réseaux énergétiques sur la gestion globale des réseaux d’électricité et de gaz naturel.

Le 21 décembre 2015, les GRD d’électricité et de gaz naturel ont fait parvenir à la CRE les éléments de réponse suivants :

 Consulter les éléments de réponse des gestionnaires de réseaux de distribution de gaz et d’électricité

Inscrivez-vous !

Pour rester informé des mises à jour du site, recevoir les dernières délibérations essentielles et les nouvelles publications.

Partager cette page

facebook twitter linkedin mail

Haut de page