Dernière mise à jour le 12.06.2018
gaz & électricité

Comité de prospective

La CRE a engagé les acteurs de l’énergie dans une action prospective collective pour relever deux défis : réussir la transition énergétique et mettre la révolution numérique au service de tous les consommateurs d’électricité et de gaz.

Espace pluridisciplinaire d'échanges et d'analyses, son Comité de prospective a débuté ses travaux en octobre 2017. Objectifs : apporter son expertise à la CRE, à tous les acteurs du secteur, aux pouvoirs publics et aux consommateurs pour les aider à prendre la mesure des changements en cours et de leurs conséquences sur le secteur de l’énergie et sur la société.

« La CRE doit devenir un lieu d’échange pour éclairer l’avenir. Elle doit permettre à tous de mieux comprendre à la fois le présent et le futur à moyen et long terme pour développer une réflexion collective et, éventuellement, porter une parole collective ». 
Jean-François Carenco, Président de la CRE

 

Une réflexion collective

Les institutions, entreprises et associations, les consommateurs et les citoyens défendent leurs propres visions du secteur de l'énergie, avec parfois des positions divergentes sur l’engagement de transformations ou la préservation d’équilibres. Ils expriment souvent leurs idées, prédictions ou opinions avec enthousiasme, résolution et rigueur.

La CRE a voulu réunir en ses murs, au sein de son Comité de prospective, les talents, les intelligences et les dynamismes qui partagent le goût de construire l’avenir de l’énergie. Un avenir qui, à moyen terme, apparaît comme plein de promesses d’innovations. Il importe de mettre les changements au service de principes sociaux et du bien-être des populations, dans un monde plus serein, plus durable, plus solidaire.

Pourquoi la CRE ? Parce qu’elle est le lieu de l’indépendance, de la neutralité, du service public, de l’égalité et de l’intérêt général. Parce qu'elle est aussi le lieu d’auditions, de débats collectifs et d’imagination, la maison commune de l’énergie. En engageant sa démarche prospective, elle a fait le pari que les opinions divergentes pouvaient, de concert, construire le futur énergétique, éclairer concrètement les besoins et les efforts collectifs dans un monde en évolution rapide. Ne pas réfléchir sur notre avenir commun serait faire preuve d’indifférence, une indifférence qualifiée par Gramsci de « matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes ».

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Un groupe de pilotage

Présidé par le Président de la CRE, le groupe de pilotage du Comité de prospective compte 37 membres, dirigeants d'entreprises, représentants d'institutions et associations du secteur, intellectuels et personnalités académiques.

Il a tenu sa séance inaugurale le 17 octobre 2017 et se réunira au début de l’été 2018 pour valider les rapports des groupes de travail et décider des prochains thèmes de travail du Comité.

 

Deux évolutions majeures

Aujourd'hui, deux évolutions majeures invitent et contraignent en effet à la réflexion : la transition énergétique et la révolution numérique.

La transition énergétique

L’accord de Paris de décembre 2015, la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et le Paquet européen pour une énergie propre de 2016 tracent les actions collectives à mener. Mais il faut aller plus loin, il faut en comprendre, en déconstruire et en intégrer tous les enjeux industriels, sociaux et économiques. Les modes de vie, les habitudes, le rapport de proximité à l'environnement et les orientations industrielles évolueront. La prise de conscience universelle impose ses effets aux politiques énergétiques. La nécessité de réduire les émissions de CO2 conduit à limiter la part des énergies fossiles dans le mix énergétique tandis que les conséquences de Fukushima imposent, dans les opinions publiques, de diversifier les sources d’énergie. 

Une évolution industrielle majeure est engagée. Elle voit, d’une part, les énergies renouvelables réussir à baisser pour certaines leurs coûts de production, d’autre part les réseaux prendre conscience de l'urgence à s'adapter pour maîtriser à l’amont l’intermittence accrue de la production et, à l’aval, la baisse tendancielle de la demande d'énergie. Le monde de l’énergie dispose ainsi de tous les instruments pour concevoir une industrie et une consommation respectueuses d’une planète préservée. Sous réserve d’une politique énergétique d’ample maîtrise, produire et consommer des énergies non polluantes est possible à moyen terme et à grande échelle sans déclin de prospérité ni remise en cause des progrès collectifs. 

La révolution numérique

Le rythme et l’ampleur de l’intégration du numérique dans la société révèlent une étape cruciale de l’histoire des révolutions industrielles. L’âge numérique n’est pas seulement celui de la création d’outils inédits : il est celui d’un bouleversement des structures productives et des facultés de consommation. 

Toute la chaîne énergétique sera touchée : d’une production renouvelable plus abordable, soutenue par des technologies innovantes de stockage, jusqu’à la nouvelle puissance du consommateur qui peut disposer de moyens de maîtrise de consommation (et de production) que le passé récent aurait qualifiés d’utopiques. Il importe que tous puissent profiter des bénéfices portés par ces innovations industrielles.
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Les premiers travaux

Une étude préparatoire

Pour préparer sa démarche prospective, la CRE a diligenté une étude extérieure, sondage révélateur des grandes tendances. Cette étude d’ensemble, publiée au printemps 2018, alimente les travaux du Comité de prospective et fait état des grandes réflexions mondiales sur les enjeux structurels énergétiques. Le monde change, il convient que la France ne subisse pas ces tendances lourdes.

La CRE a aussi mené deux missions internationales d’observation et d’études en des lieux représentatifs d’un investissement ambitieux dans les énergies de l’avenir.

Une mission en Californie, autour de la Silicon Valley 

Marquée par une volonté politique de lutte contre le changement climatique, la Californie s'est fixé des objectifs ambitieux : en 2020 réduction des émissions de CO2 au niveau de 1990, puis de 40 % en 2030 par rapport à 1990, 50 % d’énergies renouvelables et 5 millions de véhicules électriques en 2030. La mission a pu se confronter aux incertitudes de la duck curve, graphique de la production d’électricité au cours de la journée. La gestion de l'équilibre du système électrique californien doit en effet s'accommoder à d'importants excédents de production solaire en milieu de journée, suivis par un pic de la demande d'électricité le soir, quand le soleil se couche. Une situation difficile pour les gestionnaires du réseau dont la réponse passe par un stockage performant.

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Une mission à Pékin 

Quelques semaines après la création d’un marché national du carbone début 2018, le XIIIe plan quinquennal chinois prévoit d’augmenter fortement les capacités de production des énergies non fossiles. La Chine est de loin le premier producteur mondial d’électricité photovoltaïque et éolienne. Elle se distingue aussi par une volonté très forte de développer le véhicule électrique et de faire baisser le prix des batteries, ce qui pourrait impacter l’ensemble des systèmes énergétiques mondiaux en diminuant le coût du stockage de l’électricité. 

Trois groupes de travail

Le groupe de pilotage a constitué trois groupes de travail.

La première traite de l’évolution du mix énergétique. Grand objet de politique publique pour l’avenir, l’équilibre entre les différentes sources d’énergie anime les débats. La France, puissance nucléaire historique, élabore des scénarios où gaz, nucléaire et énergies renouvelables s’articulent selon des proportions dont les niveaux ont des conséquences industrielles et financières considérables. Coprésidé par Olivier Appert, Président du Conseil français de l'énergie, et Olivier Pérot, Président de France énergie éolienne, il a, cette année, particulièrement étudié les mobilités propres (véhicule électrique, GNV, bioGNV) et leurs conséquences sur les systèmes énergétiques. 

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Le deuxième groupe, coprésidé par Frédéric Gonand, professeur d'économie à l'université Paris Dauphine, et Ghislain Lescuyer, Président de Saft, se consacre aux réseaux d’énergie. Il a étudié la question primordiale du stockage de l’énergie et ses conséquences sur les réseaux. En permettant d’intégrer dans les systèmes électriques des proportions élevées d’énergies renouvelables intermittentes, le développement du stockage constitue sans doute la clef de la réussite de la transition énergétique.

Le troisième groupe, coprésidé par Cécile Maisonneuve, Présidente de la Fabrique de la cité, et Jean Bergougnoux, Président d'Équilibre des énergies, étudie les liens entre les évolutions des consommateurs et la révolution numérique. Acteurs potentiels de la transition énergétique, les consommateurs disposent à présent d’outils pour maîtriser leur demande d'énergie, piloter leurs usages, connaître les tendances et contraintes du système et des réseaux. Leur rôle dépasse la simple consommation d’un service centralisé pour atteindre une fonction sociale à construire.