La CRE publie son rapport de surveillance des marchés de gros 2025

Communiqué de presse Électricité Gaz

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La Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque année un rapport sur la surveillance et le fonctionnement des marchés de gros de l’électricité et du gaz, qui vise d’une part à rendre compte de son activité de surveillance de ces marchés, et d’autre part à apporter des éclairages sur leur fonctionnement et leurs évolutions. L’année 2025 se caractérise de nouveau par un accroissement du volume de transactions surveillées et par une intensification des travaux des équipes de la CRE. En outre, 2025 marque un retour progressif à des conditions de marché plus stabilisées après la crise de 2022-2023, tout en révélant les effets durables des transformations structurelles engagées ces dernières années.

Les volumes échangés sur les marchés dans le périmètre de surveillance de la CRE continuent à augmenter

La surveillance des marchés de gros de l’énergie constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour les autorités de régulation, dans un contexte marqué par une forte volatilité des prix, des tensions géopolitiques et une transformation rapide des systèmes énergétiques. Dans le même temps, l’intégration croissante des énergies renouvelables, la multiplication des mécanismes de flexibilité, l’essor du trading algorithmique, ainsi que l’arrivée de nouveaux acteurs sur les marchés contribuent à complexifier la structure et la dynamique des marchés de gros, tout en accroissant fortement les volumes de données et d’informations à analyser.

Ainsi, en 2025, le périmètre surveillé par la CRE dans le cadre du REMIT (règlement européen concernant l’intégrité et transparence du marché de gros de l’énergie) a représenté plus de 26 millions de transactions (soit une augmentation de 73 % en comparaison avec l’année précédente), pour plus de 5 495 TWh échangés, dont 4 421 TWh sur des contrats portant sur la livraison d’énergie, soit + 19 % vs. 2024. Cette croissance forte est également en partie la conséquence de l’introduction des produits au pas 15 minutes sur les marchés court terme. 

Pour rappel, le CoRDiS a prononcé deux sanctions importantes en 2025 au titre du REMIT : Huit et quatre millions d’euros à l’encontre respectivement de Danske Commodities A/S et Equinor ASA pour manipulation du marché du gaz ainsi que 500 000 euros à l’encontre de J.P. Morgan SE pour manquement à l’obligation de communication d’informations nécessaires à l’accomplissement des missions de surveillance des marchés de gros de la CRE. Ces décisions sont contestées par les acteurs devant le Conseil d’Etat. Les recours sont actuellement en cours d’instruction. 

A fin 2025, on dénombrait :

  • Une cinquantaine de cas en cours d’analyse au titre de la surveillance,
  • Dix enquêtes en cours d’investigation,
  • Une demande de sanction en cours d’instruction par le CoRDiS.

S’agissant des marchés de l’électricité, l’année 2025 a marqué un tournant puisque l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis cette date, les fournisseurs et les gros consommateurs d’électricité doivent s’approvisionner en intégralité sur les marchés de gros ou à partir de leur propre production. Ce changement majeur implique pour la CRE de s’assurer notamment de la liquidité des marchés de gros, pour que les prix à terme reflètent correctement l’équilibre entre l’offre et la demande. Depuis le printemps 2025, elle publie ainsi un bulletin trimestriel faisant état du développement de la liquidité. 

À court et moyen terme, la CRE devra continuer à renforcer ses capacités d’analyse et de traitement des données de marché, approfondir la coopération avec les autorités nationales et européennes et adapter en continu ses outils et méthodes de surveillance afin de garantir la transparence, l’intégrité des marchés et la confiance des participants.  

En électricité, l’année a été marquée par un record des exportations, des prix à terme en baisse et des prix à court terme de plus en plus variables

L’année 2025 prolonge les tendances de l’année 2024 avec une production en très légère hausse atteignant 547,5 TWh (+ 1,6 %) et dépassant la moyenne 2014-2019, tandis que la consommation corrigée de la température est restée quasi stable à 446, 6 TWh (+ 0,9 %). Cette situation offre-demande conduit à un nouveau record d’exportations nettes à 92,3 TWh.

Dans ce contexte de surcapacité de production relative, les prix à terme poursuivent leur baisse tandis que les prix journaliers moyens (« spot »), qui ne représentent qu’une faible part des approvisionnements, restent relativement stables. Ces derniers montrent une variabilité très élevée qui se caractérise par un nombre d’heures à prix négatifs en forte augmentation (513 heures en 2025 vs. 352 en 2024) et par une plus grande récurrence des prix très élevés (21 % des heures dépassent 100 €/MWh en 2025, vs. 16 % en 2024).

 2014-2019202320242025
Prix moyen journalier41 €/MWh97 €/MWh58 €/MWh61 €/MWh
Prix moyen pour livraison 
en base l’année suivante (CAL+1)
42 €/MWh163 €/MWh77 €/MWh61 €/MWh

La France maintient sa position particulière en Europe, figurant parmi les marchés de gros d’électricité avec les prix les moins chers grâce à sa production abondante reposant sur un mix diversifié et décarboné à 95 % : nucléaire, hydraulique et énergies renouvelables. 

En gaz, la baisse en moyenne des prix de gros, portée par la prédominance du GNL apparait comme une situation de détente relative avant le choc géopolitique de 2026

Les importations françaises de GNL ont fortement augmenté en 2025 (249 TWh et +18 % par rapport à 2024), comptant désormais pour 56 % des importations françaises (49 % en 2024). La France reste le premier point d’entrée du GNL en Europe pour la 4ème année consécutive et exporte, en 2025, 109 TWh, confirmant le rôle de pays de transit qu’elle joue dans le marché européen du gaz. La consommation française a quant à elle de nouveau diminué cette année, notamment parmi les industriels, et atteint 350 TWh (- 3 % vs. 2024). Les volumes échangés au PEG (point d’échange gaz) accélèrent leur progression en 2025 avec une hausse de 19 % par rapport à 2024, pour atteindre 6,8 fois la consommation nationale, ce qui favorise la liquidité du marché de gros français. 

Dans ce contexte, après avoir connu une nouvelle hausse à l’hiver 2024-2025, l’année 2025 a été marquée par une forte détente des prix de gros du gaz en France, notamment grâce à la disponibilité croissante du GNL. 

 2014-2019202320242025
Prix moyen au PEG pour 
livraison le mois suivant (M+1)
18 €/MWh40 €/MWh34 €/MWh35 €/MWh
Prix moyen au PEG pour 
livraison l’année suivante (CAL+1)
20 €/MWh51 €/MWh36 €/MWh33 €/MWh

Un premier trimestre 2026 bousculé par la géopolitique mondiale

Après une année 2025 de relative détente, tant sur les marchés de l’électricité que du gaz, le début de l’année 2026 a été marqué par le déclenchement de la guerre en Iran. Cet événement a eu un impact immédiat sur les marchés de gros du gaz. Bien que les pays les plus touchés, Qatar et Emirats arabes unis, n’aient qu’un rôle limité dans les importations françaises, cet épisode illustre la sensibilité du marché de gros français du gaz aux tensions géopolitiques mondiales. 

Les prix de gros de l’électricité sont de leur côté moins exposés dans la configuration actuelle du parc de production français, la hausse des prix du gaz ne s’étant que très partiellement répercutée, témoignant de la décorrélation croissante entre les prix de l’électricité et ceux du gaz en France. 

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