La CRE rend son avis sur le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) de Mayotte, et publie ses avis sur les projets de PPE de la Guadeloupe et de la Corse
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En application de l’article L.141-5 du Code de l’énergie, Mayotte, comme les autres zones non interconnectées (ZNI), fait l’objet d’une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) spécifique, adaptée aux besoins du territoire. La PPE, élaborée conjointement par le Conseil départemental de Mayotte et l'État, précise les axes de la politique énergétique du territoire dans les domaines de la maîtrise de la demande en énergie, du développement des énergies renouvelables et du développement des transports propres.
En raison de ses compétences concernant les zones non interconnectées, la CRE a été sollicitée par l'État pour rendre un avis sur l’impact économique du projet de PPE de Mayotte sur les charges de Service public de l’énergie (SPE). Le projet de PPE prévoit la conversion au bioliquide des moyens de production thermique existants afin de réduire l’empreinte carbone du mix électrique, et la mise en service de nouvelles capacités de production de base afin d’assurer l’équilibre offre-demande dans un contexte de forte hausse de la consommation. Il prévoit également le développement des énergies renouvelables fatales, en particulier le solaire photovoltaïque à un rythme ambitieux au regard du développement passé.
Concernant l’équilibre entre l’offre et la demande, la CRE partage l’analyse du besoin de nouveaux moyens de production, compte tenu de la hausse significative de la consommation prévue. Toutefois, elle alerte sur le choix de développer des capacités de production de base supplémentaires, alors que le système électrique mahorais ne dispose pas actuellement de centrale de pointe. Compte tenu des surcoûts importants résultant des choix de dimensionnement du projet de PPE à deux moyens de base, renforcés par les coûts prévisionnels élevés du développement de ces moyens à Mayotte la CRE invite les porteurs de projets, l'État et le Conseil départemental à travailler sur des réductions de coûts (notamment via des synergies et optimisations au regard des autres retombées pour le territoire) et sur l’apport de subventions, notamment européennes, afin de maîtriser les coûts des moyens de production envisagés pour les charges de service public de l’énergie. Afin de mieux répondre au besoin électrique tout en limitant les charges de service public de l’énergie, la CRE a également proposé une solution alternative, reposant sur des moyens de pointe et de base, et a chiffré son impact sur les charges de SPE.
Par ailleurs, la CRE salue les objectifs de développement des énergies renouvelables et souligne que le non-respect des objectifs fixés pour les filières solaire et géothermique entraînerait une augmentation des charges de SPE supportées par les consommateurs.
Enfin, la CRE alerte sur les surcoûts de charges variables engendrés par la conversion au bioliquide des moyens de production prévue en 2028, et sur la nécessité d’étudier plus avant le calendrier de conversion et le combustible utilisé au regard des contraintes logistiques identifiées sur la centrale de Badamiers.
Projets de PPE de la Guadeloupe et de la Corse
La CRE publie également ses deux avis portant sur les projets de PPE de la Guadeloupe et de la Corse. Ces analyses, menées en 2024, soulignent l’impact financier des conversions au bioliquide des centrales thermiques de Pointe Jarry (en Guadeloupe) et de Lucciana (en Corse). La CRE souligne la cohérence et l’ambition des objectifs de développement des énergies renouvelables fatales portés par ces deux projets de PPE, reposant principalement sur le photovoltaïque et dans une moindre mesure l’éolien, deux filières matures. Les coûts de ces filières étant bien inférieurs au coût variable des centrales au bioliquide, la CRE recommande de poursuivre leur développement à l’avenir et chiffre l’impact d’un moindre développement de ces filières. S’agissant de la Corse, dont le projet de PPE se projette à horizon 2028, la CRE recommande de débuter sans attendre les travaux sur une PPE à horizon 2038.
La procédure d'adoption de ces PPE comprend la consultation de plusieurs instances (Conseil national de la transition écologique, Conseil supérieur de l'énergie, Comité de gestion des charges de service public de l'électricité, Comité du système de distribution publique d'électricité et Autorité environnementale) puis une consultation publique d'au moins un mois. Les projets sont ensuite modifiés si nécessaire et validés par la collectivité concernée, avant d'être adoptés par décret des ministres. Chaque projet de PPE dispose de son propre calendrier d’adoption.
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